Regards croisés
Mis à jour le 03/07/2025
Avec Margaux Lorssery, infirmière spécifique de l’insuffisance cardiaque (ISPIC) à l’hôpital Bicêtre et Marie-Antoinette Banamwana infirmière en pratique avancée (IPA) de la CPTS de la Bièvre. Comment votre rôle s’articule-t-il dans le parcours de soins du patient insuffisant cardiaque ?
ML : Je suis ISPIC et j’interviens dans un protocole dédié à l’insuffisance cardiaque, uniquement auprès de patients dont la fraction d’éjection est inférieure à 50 %. Mon rôle est centré sur les consultations de titration : je revois les patients après leur hospitalisation pour ajuster progressivement leur traitement de fond, jusqu’à atteindre la dose optimale, à la fois efficace et bien tolérée. Une fois cette phase de stabilisation atteinte, une IPA peut prendre le relais en ville pour assurer le suivi, adapter les traitements si besoin, et garantir la continuité des soins.
MAB : En tant qu’IPA libérale, mention pathologies chroniques stabilisées avec une formation ISPIC, j’interviens à deux niveaux : d’abord dans le cadre de la CPTS, où je suis chargée de mission soins coordonnées, je reçois des patients sans médecin traitant, souvent fragiles ou en sortie d’hospitalisation, pour les réintégrer dans un parcours coordonné. Ensuite, en tant qu’infirmière libérale, je collabore avec les médecins généralistes et les cardiologues de ville pour un suivi : surveillance clinique, éducation thérapeutique, prévention primaire, orientation et coordination. L’objectif est d’assurer une continuité de soins personnalisée et adaptée à chaque patients.Quels sont, selon vous, les atouts de cette collaboration dans l’accès aux soins des patients ?
ML : La dynamique est en train de se mettre en place avec la CPTS de la Bièvre. C’est un levier fort pour mieux coordonner nos actions autour du patient et offrir un accès plus rapide aux soins. Aujourd’hui, les délais pour consulter un cardiologue, en ville comme à l’hôpital, sont longs, ce qui peut retarder la prise en charge. Grâce à notre collaboration, nous allons pouvoir repérer les patients plus tôt et intervenir avant que leur état ne se dégrade pour éviter les passages aux urgences ou les hospitalisations. Cette collaboration contribue à offrir une meilleure qualité de vie pour les patients insuffisants cardiaques.
MAB : Cette collaboration fluidifie les échanges, limite les ruptures du parcours de soins et optimise la prise en charge. Cela permet d’identifier les patients et d’intervenir tôt, surtout pour les patients isolés ou en situation de fragilité. En travaillant ensemble, on améliore l’accès aux soins, on prévient les réhospitalisations, et surtout, on renforce les chances de stabilisation à long terme des patients insuffisants cardiaques les plus fragiles.