AVC de l’enfant : la nécessité d’un diagnostic précoce à la phase aiguë

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HÔPITAL BICÊTRE

AVC de l’enfant : la nécessité d’un diagnostic précoce à la phase aiguë

Qu’ils soient ischémiques (obstruction par un caillot sanguin) ou hémorragiques (rupture de vaisseaux sanguins), les accidents vasculaires cérébraux (AVC) peuvent survenir à tous les âges, des premiers jours de vie à l’âge adulte. Plus rare que chez l’adulte, l’AVC de l’enfant est souvent diagnostiqué tardivement. Depuis le 1er juin 2013, les équipes pédiatriques de l’hôpital Bicêtre (Hôpitaux universitaires Paris-Sud, AP-HP) prennent en charge les AVC de l’enfant à la phase aiguë dans le cadre d’une filière de soins coordonnée. Entretien avec le professeur Patrick Aubourg, chef du service de neuropédiatrie de l’hôpital Bicêtre.

Quels sont les symptômes de l’AVC pédiatrique ?avc-43

Les accidents vasculaires cérébraux de l’enfant peuvent survenir dans la période néonatale  ou plus tard durant l’enfance. Dans les deux cas, l’AVC se manifeste par un déficit moteur et/ou des crises convulsives, un trouble de conscience de sévérités variables. Des séquelles motrices et cognitives sont très fréquentes. Les modalités de diagnostic et de traitement des AVC de l’enfant à la phase aiguë sont très différentes selon l’âge de survenue et l’étiologie. La prévalence, c’est à dire le nombre de nouveau-nés, d’enfants ayant fait un AVC et en gardant des séquelles est très sous-estimée.

Comme pour l’adulte, il est très important de pouvoir développer une prise en charge précoce à la phase aiguë pour limiter les séquelles. Il est donc primordial de pouvoir établir un diagnostic rapidement, afin que l’enfant puisse recevoir dans les quelques heures qui suivent la survenue de l’AVC un traitement adapté. L’AVC ischémique de l’enfant est souvent diagnostiqué trop tard pour permettre de dispenser des traitements visant à reperméabiliser  les artères du cerveau. Une campagne d’information du grand public doit être mise en œuvre comme cela a été le cas pour les AVC de l’adulte. Elle doit être accompagnée d’une formation au diagnostic des pédiatres et des médecins urgentistes.

La rééducation d’un enfant après la survenue d’un AVC est-elle la même que pour un adulte ?

Lors de la phase de rééducation, la différence principale avec la prise en charge de l’AVC de l’adulte réside dans le fait que le cerveau de l’enfant est un cerveau en développement. Chez le nouveau-né, on observe un phénomène de plasticité  qui rend possible une récupération plus importante des fonctions cognitives que celle constatée chez un adulte. Lorsque l’AVC survient chez un enfant plus âgé, ce phénomène de plasticité n’existe plus. La rééducation n’est pas la même que chez l’adulte car on s’adresse à un individu en pleine phase d’apprentissage. La prise en en charge de l’AVC pédiatrique après la phase aiguë est une prise en charge pluridisciplinaire des séquelles cognitives et motrices, qui peut s’étendre pendant toute la durée de l’enfance et de l’adolescence.

Quelles sont les modalités de prise en charge des AVC de l’enfant à l’hôpital Bicêtre ?

Une unité de soins intensifs neuro-vasculaires (USINV) a récemment été créée sur le site, s’appuyant à la fois sur les services de réanimation et neurologie pédiatriques, une IRM pédiatrique disponible 24h sur 24 ainsi que sur l’expertise du service de neuroradiologie interventionnelle.  L’hôpital Bicêtre disposait déjà d’une filière de prise en charge des AVC de l’adulte. La mise en place d’une filière de prise en charge des AVC pédiatriques permet aujourd’hui d’assurer une continuité de la prise en charge enfant – adolescent – adulte.  L’ USINV couplée à la réanimation pédiatrique prend en charge à la phase aiguë les enfants présentant un AVC et le service de neuropédiatrie assure le suivi post-aiguë et la prise en charge à long terme, y compris jusqu’à l’âge adulte, en liaison avec l’USINV des patients adultes et le service de neurologie adulte.

Propos recueillis par Pauline Lalande